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Centrale géotermie profonde à Rittershoffen (Bas-Rhin)
C'est en Alsace, à Rittershoffen, qu'une centrale géothermique était inaugurée en France, en Juin 2016, en présence de la ministre Ségolène Royal. Capable de produire l'énergie nécessaire à 27 000 foyers, ses 55 millions d'€ d'investissement vont chercher la chaleur à 2,6 km sous terre. Pour la fournir à l'ogre industriel.

La production d'énergie géothermique de la centrale inaugurée cet été, est totalement engloutie par une unité industrielle appartenant au groupe agroalimentaire Roquette. Située à 15 km de la centrale de Rittershoffen, l'usine valorise des matières premières végétales (amidon, bio-éthanol, sirops de glucose).

La centrale complète l'action d'une chaudière bois existante: la combinaison des 2 technologies couvre 75% des besoins en énergie de l'usine (groupe privé).
Les 55 millions d'€ de la centrale de géothermie profonde contribuent pour 25% seulement des besoins de l'usine Roquette (source Roquette.fr - tant que l'info y reste, publiquement).

Grâce à une eau chaude à 165 degré puisée à 2600 m (2,6 km) de profondeur, en profitant des failles de terrain de la zone géographique, sans fracturation du sol, la centrale géothermique produit 24 mégawatts.
24 mégawatts qui auraient pu satisfaire l'intégralité des besoins de 27 000 logements...

Qui a dit que, en France, la révolution durable était une question de choix?
Probablement pas EDF, qui collecte les 55 millions d'€ d'investissement nécessaires au projet. C'est en effet sa filiale Électricité de Strasbourg (ÉS) qui réalise le chantier.

La question (doit-on la poser?) étant: pourquoi les 25 millions d'€ financés par l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la maîtrise de l'Énergie) choisit-elle de financer, sur des fonds publics, une initiative profitant à une entreprise privée, plutôt qu'impartir cette même enveloppe à la mise en place de mini-centrales géothermiques ou hydroélectriques qui alimenteraient des logements par quartiers, petites communes?

D'autant qu'une centrale dimensionnée pour des besoins industriels nécessite plus de ressources et de garanties que des besoins de la vie quotidienne de particuliers?
Le groupe Roquette le souligne: pour être viable, cette centrale nécessite une garantie en volume d'eau chaude, à température et débit constants, qu'il faut aller chercher à 2,6 km sous la croûte terrestre, pour la transformer en énergie à grands renforts de moyens technologiques.

Au moins pouvait-on en laisser un petit bout pour les 3792 logements* répartis sur les 6 communes, dans un rayon de 7 km autour de la centrale? Soit 14% de la production allouée intégralement à l'usine?

Privilégier l'autonomie des foyers n'aurait-il pas permis de confirmer l'engagement de la France sur le chemin de sa reconversion dans les énergies renouvelables? Et par la même occasion, commencer à se détacher du joug du nucléaire?

Ce serait sans compter sur l'influence potentielle du groupe EDF, qui pourrait avoir tout à gagner dans les visions marquées par le gigantisme, prévalant aux choix politiques depuis des décennies.
Un joug maintenu par des promesses d'EPR, censés remplacés les centrales nucléaires dont l'obsolescence coûtera 400 millions d'€ au contribuable. Pour commencer. Et pour la 1ère promise à fermeture: Fessenheim.

(*) source INSEE - recensement 2013

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