Marseille: le vieux Port bétonné
Classée 7ème ville la plus polluée d'Europe, Marseille, la capitale de la culture 2013 coiffe Paris, capitale française. Marseille détient en effet la 4ème place des villes les plus polluées de France. Le choix du tout-béton en centre ville ne va pas améliorer son score.

Même si les projets de réaménagement urbains améliorent incontestablement l'esthétique de la cité phocéenne, et ajoute à ses attraits, les marseillais sont unanimes: "Té, vé, et où ils sont passés les arbres, fan de p...?".

Espérons que le Maire, Jean-Claude Gaudin, et son staff "Habitat" soient vite inspirés par l'Immeuble-forêt 25 Verde érigé à Turin, 10ème ville la plus polluée d'Europe (étude 2014).
Après Marseille donc.

Une beauté minérale... suffocante

Le centre ville de la préfecture des Bouches-du-Rhône s'est franchement embelli avec:

  • le Mucem et son esplanade,
  • le Vieux port et son ombrière,
  • certaines zones du centre ville rendues en partie aux piétons,
  • les abords des quais sous la cathédrale de la Major...

En revanche, le minéral l'emporte sur le végétal. Très largement. Trop largement...

Du vert pour faire de l'air: oui, mais non

Dans une ville à ce point victime de ses embouteillages, ne pas parier sur la capacité des arbres à absorber de très grandes quantités du CO² produit par les véhicules est regrettable.
Sans parler du potentiel des parcs végétalisés, pour atténuer l'impact des variations de température, en hiver comme en période de canicule. Contrairement au tout béton.

Est-ce la crainte de voir exploser le budget entretien des espaces verts, avec l'interdiction d'utiliser les produits phytosanitaires à partir du 1er Janvier 2017?

Les projets de coulées vertes de Marseille ne compenseront pas l'absence de chlorophylle en centre ville, un des centres urbains les plus embouteillés de France. Car Marseille détient la première place* des villes les plus embouteillées de France. Devant la capitale, Paris...
(* source: statistiques GPS Tom-Tom 2015)

40 millions d'euros... et moi, et moi?

Les marseillaises et les marseillais apprécieraient sans doute que les 40 millions d'euros débloqués par l'Etat et le ministère de l'Ecologie, permettent aussi d'oxygéner les pavés bouillants du cœur historique.

Et l'herbe coulera plus verte à Bougainville

Non, non, on ne parle pas de l'agronomie particulière de certains "quartiers".
L'expansion Euro-méditerranée vise bien la création d'espaces d'habitations durables renouant avec le Vert.
La nouvelle esplanade de la Major et ses quelques arbresSur les 40 millions de budget destinés aux 13 éco-cités sélectionnées, 6 millions d'€ sont alloués aux projets ECO-cité des Aygalades, incluant un parc de 4 ha à Bougainville. Première étape du réseau de parcs qui devrait couvrir au total 14 hectares.
On applaudit!
Comme on applaudit la volonté d'implanter un laboratoire du développement durable par le biais du quartier Allar, ou d'expérimenter la mer comme source d'énergie.

Cependant, dame Nature devra continuer de se cantonner aux périphéries de la ville.
Sur les récents et nombreux chantiers du centre, le vert se limite à de timides haies d'arbre. Mieux que rien. Mais peut mieux faire.
Sur la nouvelle esplanade de la Major, cours d'Estienne d'Orves, tout autour du vieux port, place de l'Opéra, rue Saint Ferréol et sur la toute nouvelle rue de Rome réaménagée, le pavé reste roi...
Les quelques mètres carrés de gazon qui couvrent certains petits tronçons de rails du tramway ne font aucune différence.

Remettre l'habitant au cœur des espaces verts

On est loin des opportunités initiées à Albi.  La cité épiscopale implique les habitants comme les agriculteurs dans son projet d'autonomie alimentaire. Elle leur en donne aussi les moyens.

Mini-parc improvisé en pneux recyclés
Jardinière improvisée à Marseille, en pneus recyclés

On peut admettre qu'un tel projet soit difficile à instaurer dans une métropole à l'échelle de Marseille.
Mais on pourrait favoriser et faciliter les initiatives de quartier, qui se développent spontanément.
Ici et là, c'est à leur seule imagination (et à leur compteurs d'eau personnels), que les phocéens recréent de minis espaces verts, dans de vieux pneus, des caisses de récupération, des lessiveuses, des poubelles...

L'ambition de faire sortir de terre un projet de référence en matière d'habitat urbain durable et écologique, l'extension Euroméditerrannée 2 et sa coulée verte de 14 hectares sont déjà critiqués avant même que les premiers coups de bêche soient creusés.
Le marseillais du centre ville quant à lui, ne doit compter que sur lui-même pour faire revenir un minimum de biodiversité (et d'oxygène) au pas de sa porte.

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